L’Éthiopie renouvelle son attachement au droit international humanitaire.

Addis-Abeba, le 4 mars 2026 (ENA) : - L’Éthiopie a réitéré sa détermination à promouvoir et à respecter le droit international humanitaire ainsi que les principes du désarmement humanitaire.

 

Cette déclaration a été faite à l’occasion d’un atelier régional d’experts organisé conjointement par la Commission de l’Union africaine et le Comité international de la Croix-Rouge à Addis-Abeba.

 

À l’ouverture de cette rencontre de deux jours, Yibekal Gizaw, directeur général des affaires juridiques internationales au ministère des Affaires étrangères, a insisté sur le fait que l’existence d’instruments juridiques, à elle seule, ne garantit pas l’application effective du droit international humanitaire sans une volonté politique claire et soutenue.


 

Selon lui, bien que les Conventions de Genève bénéficient d’une adhésion quasi universelle, leur mise en œuvre demeure confrontée à de sérieux défis.

 

Il a souligné que l’Éthiopie, en tant qu’État partie aux Conventions de Genève et à plusieurs accords de désarmement, ne s’est pas limitée à leur ratification.

 

Le pays a adopté des lois nationales appropriées, mis en place des structures institutionnelles dédiées et enregistré des avancées concrètes en matière de désarmement.

 

Par ailleurs, l’Éthiopie assure la coprésidence du groupe de travail « Droit international humanitaire et paix » dans le cadre de l’Initiative mondiale sur le DIH, contribuant ainsi au renforcement des liens entre respect du droit humanitaire et construction d’une paix durable.

 

L’atelier a rassemblé juristes, responsables politiques et acteurs humanitaires pour examiner des actions pratiques visant à améliorer le respect des obligations en matière de désarmement et à lutter contre le trafic illicite d’armes en Afrique.


 

De son côté, Tewodros Alamrew, secrétaire général adjoint et chef d’état-major de la Croix-Rouge éthiopienne, a alerté sur l’impact des nouvelles technologies sur la conduite des conflits.

 

Il a souligné que l’intelligence artificielle, les systèmes d’armes autonomes et la cyberguerre modifient profondément les dynamiques des champs de bataille, rendant plus complexe la distinction entre civils et combattants.

 

Il a rappelé que le respect du droit international humanitaire doit rester une exigence absolue.

 

La Croix-Rouge éthiopienne collabore étroitement avec les institutions publiques, notamment les ministères des Affaires étrangères et de la Défense, afin de sensibiliser les forces de sécurité, les leaders communautaires et d’autres parties prenantes aux normes humanitaires.

 

Il a également mis en avant la création d’une École des sciences humaines, première initiative du genre en Afrique, destinée à promouvoir la dignité humaine, la coexistence pacifique et l’application effective des principes humanitaires.


 

Le chef de la délégation du CICR auprès de l’Union africaine, Bruce Lorenz Biber, a pour sa part évoqué la multiplication préoccupante des conflits armés à l’échelle mondiale.

 

Il a indiqué que plus de 130 conflits sont actuellement recensés, dont plus de 40 % se déroulent en Afrique, précisant que leur nombre sur le continent a presque doublé au cours des cinq dernières années.

 

Il a également déploré le décalage croissant entre l’augmentation des dépenses militaires mondiales et l’insuffisance des investissements consacrés au respect du droit international humanitaire.

 

Selon lui, le désarmement constitue non seulement un enjeu de sécurité, mais aussi un impératif humanitaire et un levier essentiel de consolidation de la paix.

 

Bruce Lorenz Biber a mis en garde contre les effets néfastes des transferts illicites d’armes, du relâchement des engagements liés aux traités de désarmement et de l’utilisation d’armes lourdes dans des zones densément peuplées, qui aggravent les déplacements forcés, la contamination des terres et l’enracinement de cycles de violence.


 

Le colonel Sheku Sesay, représentant le Secrétariat de l’Union africaine pour l’initiative « Faire taire les armes », a souligné les conséquences dramatiques des mines antipersonnel, des engins explosifs improvisés et de la prolifération des armes légères sur le continent.

 

Il a rappelé que les civils constituent la grande majorité des victimes de ces engins explosifs, dont près de la moitié sont des enfants.

 

Il s’est également inquiété de la réapparition des mines antipersonnel dans certains pays auparavant déclarés exempts de mines, notamment le Nigéria, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Mozambique, avertissant que le retrait de grands traités de désarmement pourrait compromettre des décennies d’efforts.

 

Enfin, il a rappelé que le désarmement demeure au cœur de l’initiative « Faire taire les armes » de l’Union africaine, inscrite dans le cadre de l’Agenda 2063, le qualifiant à la fois de devoir moral et de priorité stratégique pour bâtir un continent africain pacifique et sécurisé.

 

Les conclusions de l’atelier devraient déboucher sur des recommandations concrètes, destinées à alimenter les Recommandations mondiales de 2026 sur le droit international humanitaire et le désarmement, renforçant ainsi la contribution de l’Afrique à la promotion d’un ordre sécuritaire plus responsable et plus humain.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023