Le ministère avertit que la triple crise planétaire fait peser une grave menace sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Est.

Addis-Abeba, le 3 mars 2026 (ENA) : - Le ministère de la Planification et du Développement a indiqué que la triple crise planétaire — à savoir le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pollution — met sérieusement en danger la sécurité alimentaire à l’échelle de l’Afrique de l’Est.

 

Le ministre d’État à la Planification et au Développement, Seyoum Mekonnen, a déclaré que l’interaction du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution compromet les acquis économiques obtenus au prix de décennies d’efforts.

 

Prenant la parole à l’ouverture d’un atelier régional de quatre jours du Fonds pour l'environnement mondial (GEF) élargi, organisé à Addis-Abeba, il a affirmé que la protection de l’environnement ne saurait désormais être reléguée au second plan.

 

Selon lui, elle constitue aujourd’hui un enjeu vital, au cœur même de la survie collective et du développement futur.

 

Il a souligné que l’Afrique de l’Est est confrontée à une instabilité climatique croissante, marquée par des conditions météorologiques imprévisibles, des sécheresses persistantes et une détérioration rapide des écosystèmes.

 

Ces pressions entraînent des déplacements de populations, fragilisent les moyens de subsistance et accentuent les tensions sur les économies nationales.

 

Seyoum Mekonnen a réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie à intégrer l’action climatique dans sa stratégie de développement durable.

 

Il a cité plusieurs initiatives majeures, notamment l’Initiative Héritage Vert, qui a permis la plantation de plus de 48 milliards de plants en sept ans, ainsi que des investissements d’envergure dans les énergies renouvelables, à l’image du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne.

 

Il a également mentionné des programmes ambitieux de développement de corridors urbains, des réformes des systèmes alimentaires durables dans le cadre de l’initiative YeLemat Tirufat, ainsi que l’interdiction d’importer des véhicules particuliers à carburant fossile afin d’accélérer la transition vers la mobilité électrique.

 

Rappelant que la capitale éthiopienne a accueilli le Deuxième Sommet africain sur le climat en septembre 2025, il a indiqué que cette rencontre s’est conclue par l’adoption de la Déclaration d’Addis-Abeba, qu’il considère comme un tournant marquant le passage d’un discours centré sur la vulnérabilité à un leadership africain orienté vers les solutions.

 

Il a ajouté que la désignation de l’Éthiopie pour accueillir la COP32 en novembre 2027 témoigne de son rôle croissant sur la scène climatique internationale.

 

Malgré ces avancées, le secrétaire d’État a averti que les financements climatiques et environnementaux mondiaux demeurent insuffisants face aux besoins réels.


 

Tout en reconnaissant l’importance du GEF, il a plaidé pour des procédures d’approbation plus rapides et une augmentation des flux financiers en direction des pays en développement, notamment en Afrique.

 

Il a appelé à faciliter l’accès aux ressources, à privilégier des projets portés par les pays eux-mêmes et axés sur des résultats concrets, et à renforcer la coopération régionale afin de faire face efficacement à la triple crise planétaire.

 

De son côté, le coordinateur du GEF pour l’Afrique, Jonky Tenou, a observé que l’Afrique de l’Est, bien que riche en ressources naturelles et en capacités de résilience, doit relever des défis interdépendants — variabilité climatique, érosion de la biodiversité, dégradation des terres et pollution — qui dépassent souvent les frontières nationales. Il a expliqué que l’atelier vise à aider les pays de la région à s’engager de manière plus stratégique et cohérente dans le cadre du partenariat du GEF.

 

Il a par ailleurs souligné que deux mécanismes majeurs de financement climatique soutiennent actuellement les pays africains, dont l’Éthiopie, dans leurs efforts d’adaptation et de transition vers un développement à faibles émissions.

 

L’un est spécifiquement consacré à l’adaptation, avec une attention particulière aux pays les moins avancés, tandis que l’autre accompagne la transformation des économies vers une croissance sobre en carbone. Ensemble, ces instruments constituent le socle principal du financement climatique sur le continent.

 

Enfin, Jonky Tenou a salué l’Éthiopie comme l’un des pays enregistrant des progrès notables dans l’utilisation efficace de ces ressources, grâce à une coordination solide entre le gouvernement et les partenaires internationaux chargés de la mise en œuvre des projets d’adaptation et de développement à faibles émissions.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023