La victoire d'Adoua a nourri l’élan africain pour l’émancipation, affirme le responsable du Centre pour la paix de l’UNESCO. - ENA Français
La victoire d'Adoua a nourri l’élan africain pour l’émancipation, affirme le responsable du Centre pour la paix de l’UNESCO.
Addis-Abeba, 1er mars 2026 (ENA) : - La victoire d’Adoua représente un jalon majeur de l’histoire africaine : elle a non seulement assuré l’indépendance de l’Éthiopie, mais elle a aussi ravivé l’espérance des peuples africains en quête de liberté, a déclaré le directeur du Centre pour la paix de l’UNESCO.
Guy Djoken, directeur exécutif du Centre pour la paix de l’UNESCO et président du Groupe de travail « Clubs, centres et associations » de la Commission nationale américaine pour l’UNESCO, a souligné que cette victoire dépasse largement le cadre national éthiopien.
Selon lui, son écho continue de se faire entendre à travers tout le continent et au sein des diasporas africaines.
S’exprimant auprès de l’ENA à l’occasion du 130e anniversaire de la bataille, il a présenté Adoua comme un patrimoine partagé par les personnes d’ascendance africaine à travers le monde et comme un puissant symbole d’unité, de dignité et de souveraineté.
En 1896, les troupes éthiopiennes, conduites par Ménélik II, ont infligé une défaite décisive aux forces du Royaume d'Italie lors de la Bataille d'Adoua, préservant ainsi l’indépendance du pays à une époque où la quasi-totalité du continent était soumise à la domination coloniale.
Cette victoire a mis à mal le mythe de l’invincibilité militaire européenne et a marqué un tournant majeur dans l’histoire de l’Afrique.
« La victoire d’Adoua est celle de tout le peuple noir », a affirmé Djoken. « Les Éthiopiens ont su s’unir pour défendre la souveraineté de leur nation et, ce faisant, ils ont ravivé l’espoir chez les Africains du monde entier. »
Évoquant le contexte du partage colonial du continent, il a rappelé que l’Éthiopie demeure la seule nation africaine à avoir infligé une défaite militaire décisive à une puissance européenne durant cette période.
Il a notamment fait référence à la Conférence de Berlin, au cours de laquelle les puissances européennes ont procédé au découpage de l’Afrique sans la participation d’aucun représentant africain.
« Aucun Africain n’était présent à Berlin », a-t-il souligné. « Lorsque les puissances sont venues réclamer leur part, l’Éthiopie a su résister et vaincre. Pour moi, cette victoire demeure un puissant message d’espérance. »
Le responsable a également établi un lien entre l’héritage d’Adoua et l’installation du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba.
Selon lui, ce choix reflète la place singulière de l’Éthiopie dans l’histoire du panafricanisme et son engagement constant en faveur de l’unité du continent.
« Le fait que l’Union africaine soit basée à Addis-Abeba n’est pas un hasard », a-t-il déclaré. « Cela témoigne de l’héritage historique de l’Éthiopie et de son rôle central dans la promotion de l’idéal panafricain. »
Au-delà de la portée militaire de la victoire d’Adoua, Djoken a insisté sur la contribution continue de l’Éthiopie à la coopération régionale et au développement africain.
Il a évoqué les immenses ressources naturelles et humaines du continent, estimant que l’Afrique traverse aujourd’hui une phase de renouveau.
« Nous vivons l’heure de la renaissance africaine », a-t-il affirmé. « Il est essentiel de transmettre à la jeunesse le message que l’Afrique a besoin de tous ses enfants. C’est un continent riche, capable de façonner l’avenir du monde. »
Il a également souligné que l’intérêt croissant des grandes puissances pour l’Afrique traduit l’importance stratégique et le potentiel économique du continent.
« L’avenir du monde se trouve ici », a-t-il déclaré. « Si toutes ces puissances cherchent à s’implanter en Afrique, c’est parce qu’elles savent que son potentiel est immense. À nous, Africains, d’en prendre pleinement conscience. »
Qualifiant l’Éthiopie de véritable phare de renouveau, Djoken a estimé que le pays continue d’incarner l’esprit d’Adoua plus d’un siècle après la bataille.
« Les Éthiopiens méritent d’être considérés comme un symbole du développement africain, car ils représentent un modèle pour le continent », a-t-il conclu. « À mes yeux, l’Éthiopie demeure l’un des symboles les plus forts d’un espoir renouvelé pour l’Afrique. »