Une approche sécuritaire intégrée et centrée sur les populations est indispensable pour l’Afrique : Ancien ministre nigérian

Addis-Abeba, le 26 février 2026 (ENA)  : - L’ancien ministre nigérian des Mines et de l’Acier, Kayode Fayemi, a appelé les dirigeants africains à privilégier une stratégie de sécurité globale et axée sur les populations afin de répondre efficacement aux menaces croissantes sur le continent.

 

Selon lui, des réponses dispersées ne sauraient garantir une paix durable.

 

Dans un entretien exclusif, il a souligné que l’Afrique est confrontée à une « vaste série de défis sécuritaires », citant notamment les crises dans la Corne de l’Afrique, le Sahel, la République démocratique du Congo et la République centrafricaine.

 

Universitaire et spécialiste reconnu des questions de sécurité, il a estimé que les seules réponses militaires ou politiques demeurent insuffisantes face à la complexité des crises actuelles.

 

« Nous ne pouvons pas lutter contre l'insécurité si nous n'affrontons pas ses causes fondamentales, qui sont la pauvreté, les inégalités, la marginalisation de la jeunesse et celle des femmes », a-t-il affirmé.

 

« Ces problèmes sont interconnectés et doivent être traités dans le cadre d'un agenda complet et intégré. »

 

L’ancien ministre a également mis l’accent sur la nécessité d’approfondir l’intégration régionale, considérant l’unité des États africains comme un préalable indispensable à une stabilité durable.

 

Tout en saluant les efforts de l’Union africaine, il a plaidé pour un renforcement de l’institution afin qu’elle puisse pleinement assumer son mandat.

 

« C'est notre organisation. Elle appartient à tous les Africains. La soutenir n'est pas seulement la responsabilité du personnel technique ou des chefs d'État, mais de tous les citoyens africains », a-t-il déclaré.

 

Évoquant la vision des pères fondateurs du panafricanisme, tels que Kwame Nkrumah, Haile Selassie, Julius Nyerere et Nelson Mandela, Fayemi a estimé que leurs aspirations demeurent inachevées.

 

Il a rappelé que cette dynamique d’unité avait conduit à la création de l’Organisation de l'unité africaine en 1963, devenue par la suite l’Union africaine.

 

« Ce n'est toujours pas l'Afrique qu'ils avaient imaginée. C'est encore un travail en cours. Mais nous avons maintenant besoin de l'urgence du moment présent », a-t-il insisté. « Le monde doit avoir l'Afrique à la table, et non plus au menu. »

 

Selon lui, l’engagement politique doit dépasser les déclarations d’intention formulées lors des sommets et se traduire par des actions concrètes sur le terrain.

 

Abordant le rôle de l’Éthiopie, qu’il qualifie de capitale diplomatique du continent, il a souligné la responsabilité particulière du pays dans la promotion de l’unité africaine.

 

Il a notamment salué la décision d’accorder un visa à l’arrivée à tous les ressortissants africains depuis novembre 2018, y voyant une avancée majeure vers une intégration accrue, en cohérence avec la Zone de libre-échange continentale africaine et l’Agenda 2063.

 

« Si nous pouvons assurer la libre circulation entre nous, cela représente un engagement fondamental envers l'unité africaine », a-t-il déclaré.

 

Il a toutefois averti que ces initiatives ne devraient pas rester isolées et a exhorté l’ensemble des États africains à faire de la libre circulation un pilier de la citoyenneté africaine.

 

« Il y a des progrès, mais il reste encore beaucoup à faire », a conclu Fayemi. « Nous devons continuer à travailler pour une Afrique unie, pacifique et autodéterminée. »

Agence des nouvelles éthiopienne
2023