Journée internationale de la langue maternelle : un pilier pour une éducation inclusive et plurilingue

Addis-Abeba, le 25 février 2026 : - À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, les participants ont mis en avant le rôle déterminant des langues maternelles dans la construction d’une éducation inclusive et équitable.

 

La célébration, organisée par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) en collaboration avec Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’ambassade du Bangladesh, a réuni de nombreux acteurs à Addis-Abeba.


 

Les intervenants ont souligné que l’enseignement dans la langue maternelle constitue un levier essentiel pour favoriser le développement durable, l’inclusion sociale et un accès équitable à l’éducation.

 

Ils ont rappelé que la richesse linguistique ne représente pas seulement un patrimoine culturel, mais également une base solide pour l’équité éducative, l’inclusion numérique et une croissance économique soutenue.

 

Lors de l’ouverture, Aboubakir Diaw, représentant le secrétaire exécutif de la CEA, a affirmé que les langues dépassent la simple fonction de communication.

 

Elles façonnent la pensée, nourrissent le sentiment d’appartenance et assurent la transmission de la mémoire collective à travers les générations.

 

Il a présenté les plus de 2 000 langues africaines comme des ressources stratégiques, insistant sur le fait qu’une éducation multilingue enracinée dans les langues maternelles constitue un investissement majeur dans le capital humain et la cohésion sociale.

 

Aboubakir Diaw a également alerté sur les défis posés par l’essor rapide de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques, avertissant que les langues absentes de l’espace numérique risquent une marginalisation économique et culturelle.

 

Dans un continent où près de 60 % de la population a moins de 25 ans, il a plaidé pour des politiques linguistiques inclusives capables de soutenir la jeunesse, en cohérence avec des cadres continentaux tels que la Zone de libre-échange continentale africaine et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.


 

De son côté, Rita Bissoomath, directrice de liaison à l’UNESCO, a décrit les langues comme les gardiennes vivantes de l’identité et les vecteurs essentiels de la culture.

 

Elle a rappelé que 40 % de la population mondiale ne bénéficie pas d’un enseignement dans une langue qu’elle maîtrise pleinement, une situation qui accentue les inégalités.

 

Elle a souligné que la promotion du multilinguisme favorise la paix, la tolérance et le respect mutuel, appelant les gouvernements à intégrer concrètement les langues maternelles à tous les niveaux des systèmes éducatifs afin qu’aucun enfant ne soit coupé de son héritage linguistique.


 

L’ambassadeur du Bangladesh, le vice-maréchal de l’air Sitwat Nayeem, a pour sa part évoqué le Mouvement pour la langue de 1952, dont les sacrifices ont conduit à la reconnaissance internationale de cette journée.

 

Il a rappelé que la langue constitue le premier vecteur d’expression et d’identité, soulignant que la défense de la diversité linguistique demeure essentielle pour le dialogue, la coopération et la construction d’un ordre international pacifique.

 

En conclusion, les participants ont estimé que la valorisation des langues maternelles renforce la dignité humaine, soutient l’autonomisation des jeunes et crée les conditions d’une société plus équitable, innovante et pacifique.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023