Selon le PNUD, l’Éthiopie s’emploie à transformer les Africains en acteurs de la production technologique plutôt qu’en simples consommateurs. - ENA Français
Selon le PNUD, l’Éthiopie s’emploie à transformer les Africains en acteurs de la production technologique plutôt qu’en simples consommateurs.
Addis-Abeba, le 18 fevrier 2026 (ENA) : - L’Éthiopie jette les bases pour que les Africains deviennent des créateurs de technologies plutôt que de simples consommateurs.Ahunna Eziakonwa-Onochie, administratrice adjointe du PNUD et directrice régionale pour l’Afrique.
Dans un entretien exclusif accordé à l’Agence de presse éthiopienne (ENA), Ahunna Eziakonwa-Onochie, administratrice adjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour l’Afrique, a salué la transformation numérique de l’Éthiopie, citant le soutien du PNUD au centre de données pour l’intelligence artificielle ainsi que la fourniture de matériel technologique.
Elle a souligné l’engagement du gouvernement éthiopien à créer des fondations non seulement pour son pays, mais pour l’ensemble du continent.
« Nous observons un engagement sérieux des autorités en matière de technologie et de gouvernance.
Si les gouvernements ne s’impliquent pas dans la recherche, le développement et la gestion des données, nous serons condamnés à consommer uniquement la technologie produite ailleurs.
Dans ce cas, la technologie devient une autre industrie extractive. C’est pourquoi l’Éthiopie pose les bases pour faire des Africains et des Éthiopiens des producteurs de technologie, et non de simples consommateurs », a-t-elle déclaré.
Eziakonwa-Onochie a également salué la forte adoption de l’IA et de la science en Éthiopie, qu’elle considère comme un levier clé pour la transformation continentale.
Elle a mis en avant le Centre de services MESOB à guichet unique, qui a permis de numériser la prestation des services publics, rendant leur accès plus rapide, transparent et moins susceptible de corruption, tout en améliorant la productivité économique.
« La technologie peut transformer la gouvernance et la prestation de services, ce qui est essentiel pour stimuler l’économie », a-t-elle ajouté.
Concernant la réforme économique en cours, elle a noté une transformation profonde pilotée par cette réforme. « Tous les partenaires l’ont saluée comme une approche disciplinée et efficace. »
Grâce à ces réformes multidimensionnelles, l’Éthiopie est sur la voie d’une croissance à deux chiffres.
« Nous attendons avec impatience de voir ce pays démontrer que l’Afrique peut croître à deux chiffres, et je pense que l’Éthiopie sera l’un des premiers à le prouver. »
Sur le plan financier, Mme Eziakonwa-Onochie a insisté sur la nécessité de débloquer le capital africain, notant que l’investissement en Afrique ne reflète pas toujours le potentiel existant. « L’une des solutions est de renforcer nos institutions financières multilatérales africaines et de travailler ensemble pour les capitaliser. »
Elle a également souligné le rôle stratégique du secteur privé, et en particulier du secteur financier, pour assurer la souveraineté économique de l’Afrique et réduire la dépendance aux architectures externes peu favorables au continent.