L’Afrique doit renforcer davantage son intégration afin de faire face aux pressions grandissantes qui fragilisent le multilatéralisme mondial : Mahmoud Ali Youssoufprésident de la Commission de l’UA.

Addis-Abeba, le 14 fevrier 2026 (ENA) : - À l’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a exhorté les États africains à accélérer l’intégration continentale face aux pressions croissantes qui fragilisent le multilatéralisme mondial.

 

Dans un contexte international marqué par l’instabilité et l’incertitude, il a souligné que le système multilatéral traverse une période de fortes turbulences, notamment avec la montée du protectionnisme.

 

Selon lui, cette situation impose aux pays africains de renforcer leur unité, leur solidarité et leur responsabilité collective.

 

Le président a insisté sur la nécessité d’intensifier la coopération régionale et de consolider les institutions africaines afin de répondre efficacement aux défis actuels.

 

Il a rappelé que le sommet se tient alors que le continent et le monde sont confrontés à des crises simultanées, tandis que l’insécurité continue de compromettre la stabilité dans plusieurs régions.

 

Évoquant le thème annuel consacré à l’eau et à l’assainissement, il a mis en avant l’importance stratégique de ce secteur pour la résilience économique et la coopération entre les États, soulignant qu’il doit devenir un facteur de paix plutôt qu’une source de tensions.

 

Il a également noté que les transformations de l’ordre international influencent directement le développement du continent, y compris à travers diverses formes d’ingérence extérieure.

 

Dans ce contexte, il a appelé à une meilleure harmonisation entre les institutions financières et de développement africaines, notamment la Banque africaine de développement, ainsi qu’à une coordination accrue des communautés économiques régionales.

 

Réaffirmant que l’Agenda 2063 constitue la feuille de route de la transformation africaine, il a estimé que le continent doit se positionner, d’ici 2050, parmi les grandes puissances économiques mondiales.

 

Il a souligné que cette ambition exige une mobilisation urgente des ressources internes, en particulier face aux barrières commerciales extérieures.


 

Sur le plan social, il a mis en lumière les attentes croissantes des jeunes, des femmes et de la société civile, appelant à accélérer l’industrialisation, la transformation culturelle et la promotion de l’égalité.

 

Il a également insisté sur le développement du potentiel énergétique et des infrastructures comme conditions indispensables à la croissance économique.

 

Abordant les conflits persistants, il a rappelé que de nombreuses populations, du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo, en passant par la Somalie et la région sahélienne, continuent de payer un lourd tribut à l’instabilité.

 

Enfin, il a réaffirmé l’importance du respect du droit international et du droit international humanitaire comme fondements essentiels de la paix mondiale, tout en assurant que la Commission de l’Union africaine poursuivra sans relâche ses efforts pour concrétiser cette vision d’une Afrique forte, autonome et prospère.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023