Addis-Abeba, le 11 fevrier 2026 (ENA) : - Le ministre des Affaires étrangères, Gedion Timotheos, a lancé un appel fort en faveur d’une unité africaine effective, estimant que seule une Afrique solidaire et institutionnellement forte pourra faire face aux dynamiques extérieures marquées par la domination et l’exploitation.
Intervenant devant la 48e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine à Addis-Abeba, il a averti que, dans un environnement international de plus en plus compétitif, le continent reste perçu par certaines puissances comme un espace de rivalité stratégique et un réservoir de ressources.
« L’unité africaine doit être tangible, et notre Union doit être solide si nous voulons défendre notre continent », a-t-il affirmé, rejetant l’idée que l’Afrique puisse compter sur la simple bienveillance de partenaires extérieurs.
Selon lui, les échanges commerciaux et les coopérations économiques sont désormais souvent subordonnés à des considérations sécuritaires, transformant l’Afrique en terrain d’affrontement d’intérêts géopolitiques. Face à cette réalité, il a insisté : le continent n’a pas besoin de charité, mais de partenariats équilibrés fondés sur le respect mutuel — une posture qui exige une force collective africaine.
Le ministre a salué la position ferme adoptée par l’Afrique sur des dossiers majeurs tels que la justice climatique et la réforme de l’architecture financière internationale, notamment lors du sommet du G20 en Afrique du Sud.
Il a souligné qu’aucune gouvernance mondiale ne saurait être crédible sans une participation pleine et entière de l’Afrique aux processus décisionnels, plaidant pour des partenariats plus équitables et un allègement significatif de la dette.
Évoquant les perspectives à venir, Gedion a mis en avant le rôle de l’Éthiopie comme futur pays hôte de la COP32, ainsi que le thème 2026 de l’Union africaine consacré à l’accès durable à l’eau et à l’assainissement.
Il a appelé à une gestion coopérative des grands bassins fluviaux africains — Nil, Congo, Zambèze — inspirée par le principe d’Ubuntu, fondé sur la solidarité et la prise en compte des intérêts de toutes les parties.
« La gestion de nos ressources communes doit refléter nos valeurs partagées et nos aspirations collectives », a-t-il souligné.
En conclusion, le chef de la diplomatie éthiopienne a exhorté les États membres à intensifier leurs efforts pour concrétiser « l’Afrique que nous voulons », en renforçant l’appropriation africaine des solutions africaines face aux défis globaux.