Une astronome de renom salue l’Éthiopie comme un sanctuaire vivant de l’astronomie ancienne. - ENA Français
Une astronome de renom salue l’Éthiopie comme un sanctuaire vivant de l’astronomie ancienne.
Addis-Abeba, le 9 février (ENA) : - L’astronome Mirjana Pović affirme que l’Éthiopie continue de jouer le rôle de sanctuaire vivant de l’astronomie, la plus ancienne discipline intellectuelle de l’humanité, grâce à la préservation d’un patrimoine céleste profond et varié, toujours pertinent pour la recherche scientifique contemporaine.
Évoquant le patrimoine culturel et scientifique de l’Éthiopie, Mirjana Pović, coordinatrice du projet Sci Girls et chercheuse principale à l’Institut des sciences spatiales et géospatiales, a souligné que le pays a activement cultivé et transmis cet héritage à travers les générations et les communautés.
Elle a relevé que, dans un monde marqué par la mondialisation et l’uniformisation numérique, l’Éthiopie se distingue comme l’un des rares endroits où l’observation des astres demeure profondément ancrée dans la culture et le quotidien des populations.
Selon Pović, l’héritage astronomique éthiopien est intimement lié aux origines mêmes de l’humanité, constituant un patrimoine mondial d’une grande valeur scientifique et culturelle.
Elle a rappelé que l’Éthiopie possède un legs exceptionnel dans l’histoire des sciences, notamment en astronomie culturelle, soulignant que depuis les débuts de l’humanité, les sociétés ont toujours cherché à comprendre leurs origines, l’immensité de l’univers et la source de l’existence.
La diversité du pays, qui compte plus de 80 groupes ethniques, se traduit par une pluralité d’interprétations du ciel, chaque communauté attribuant des noms et des significations propres aux étoiles et aux constellations, offrant ainsi des lectures riches de questions universelles.
Cette pluralité confère à l’Éthiopie une profondeur rare en astronomie culturelle, comparable à peu d’autres régions du monde, a-t-elle expliqué.
Elle a également mis en avant la compréhension avancée du temps en Éthiopie comme une illustration majeure de cet héritage, notant que, au-delà du calendrier éthiopien bien connu, de nombreuses communautés continuent de s’appuyer sur des savoirs astronomiques indigènes antérieurs aux technologies modernes.
Pović a précisé que l’astronomie culturelle est présente dans toutes les régions du pays, avec une multitude de calendriers et de désignations propres aux étoiles et constellations selon les groupes ethniques.
Elle a toutefois averti que ces connaissances, encore largement préservées par les aînés au sein de l’Église orthodoxe éthiopienne, des communautés musulmanes et de divers groupes ethniques, risquent de disparaître sans un effort urgent de documentation.
Elle a insisté sur la nécessité de consigner ces savoirs afin de garantir leur transmission et d’éviter leur perte, soulignant l’importance de relier les générations pour que l’astronomie culturelle continue d’inspirer les scientifiques et chercheurs de demain.
Au-delà de la préservation, Pović a également mis en lumière le potentiel socio-économique de cet héritage, notamment à travers le développement de l’astrotourisme, qui pourrait attirer des visiteurs désireux de découvrir non seulement les sites historiques et naturels, mais aussi les villages traditionnels où les récits célestes sont transmis oralement.