Le président Taye plaide pour un partenariat mondial basé sur la confiance lors du Sommet mondial des gouvernements. - ENA Français
Le président Taye plaide pour un partenariat mondial basé sur la confiance lors du Sommet mondial des gouvernements.
Addis-Abeba, le 3 février 2026 (ENA) : - Le président Taye Atske Selassie a appelé à un renouveau du partenariat mondial basé sur la confiance, soulignant que l’Afrique doit être reconnue comme un acteur central de son propre avenir face aux changements géopolitiques et à l’érosion de la confiance dans les institutions multilatérales.
S’exprimant aujourd’hui au Sommet mondial des gouvernements, il a indiqué que le continent se trouve à un moment crucial de réflexion et d’orientation stratégique, alors que les bouleversements mondiaux remettent en question l’ordre établi.
Le président a ajouté que les avancées dans les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle et la finance numérique offrent de nouvelles opportunités pour surmonter des obstacles au développement qui persistent depuis longtemps.
« Pour l’Afrique, ces transformations constituent un signal d’alerte. Nous ne sommes pas de simples spectateurs des évolutions mondiales, mais les artisans de notre avenir et de notre destin », a-t-il affirmé.
Il a souligné que l’Afrique n’est pas passive face aux changements globaux, mettant en avant le potentiel transformateur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à unifier un marché de 1,3 milliard de personnes et un PIB total dépassant 3 400 milliards de dollars.
Selon lui, la ZLECAf, initiative phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, ambitionne de supprimer 90 % des barrières tarifaires pour favoriser la création de réseaux de production régionaux.
Le président Taye a insisté sur l’importance de la connectivité continentale, citant des corridors d’infrastructures stratégiques reliant l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et l’Afrique australe, notamment les liaisons entre l’Éthiopie et ses voisins.
« Le corridor LAPSSET reliant le Kenya, le Soudan du Sud et l’Éthiopie, ainsi que le projet récemment signé d’un investissement de plusieurs millions de dollars reliant l’Éthiopie au Soudan du Sud, constituent des piliers essentiels de la stratégie africaine de connectivité », a-t-il précisé.
Ces corridors ne sont pas de simples axes de transport, mais des artères vitales de la coopération régionale et de l’intégration économique, a-t-il souligné.
Concernant les priorités de développement de l’Éthiopie, le président a indiqué que le pays se concentre sur trois axes stratégiques : l’énergie, l’autosuffisance alimentaire et la connectivité aérienne.
Avec l’exploitation complète du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, l’Éthiopie génère désormais plus de 6 000 mégawatts d’énergie propre, a-t-il ajouté.
Il a également rappelé la transformation agricole du pays, passé d’importateur de blé à premier producteur africain, et annoncé des investissements significatifs pour améliorer la productivité, notamment dans le secteur du café.
« Notre production de café a atteint 640 000 tonnes. Nous avons planté 8,5 milliards de plants de café de haute qualité destinés au marché mondial », a-t-il précisé.
Sur le plan de l’aviation, le président a révélé que l’Éthiopie construit un aéroport international d’une valeur de 12,5 milliards de dollars, capable d’accueillir 110 millions de passagers et plus de trois millions de tonnes de fret par an, renforçant ainsi la connectivité aérienne du continent.
Malgré ces avancées, il a reconnu que l’Afrique continue de rencontrer des difficultés, notamment pour financer de grands projets d’infrastructure, en raison du manque de capitaux.
Il a souligné que l’Éthiopie renforce ses institutions financières et développe des partenariats public-privé innovants, tout en valorisant le rôle croissant du secteur privé et des entrepreneurs africains.
Le président a également insisté sur l’importance de corridors commerciaux sûrs et fiables, rappelant que le corridor de la mer Rouge est vital non seulement pour l’Éthiopie, mais pour le commerce mondial dans son ensemble.
La sécurité de ce corridor représente en effet une artère stratégique pour 12 % du commerce mondial, nécessitant un cadre de coopération efficace, impartial et exempt de pressions géopolitiques étroites.
Il a plaidé pour des partenariats basés sur la confiance et l’équité, et mis en garde contre les accords asymétriques ou les pressions incitant l’Afrique à prendre parti dans des rivalités mondiales.
« L’Afrique aspire à une coopération fondée sur des intérêts communs et le respect mutuel », a-t-il affirmé.
Le Sommet mondial des gouvernements, créé en 2013 sous l’égide de Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis, a pour mission de façonner les gouvernements de demain et de bâtir un futur meilleur pour l’humanité.
Depuis sa création, le Sommet a développé un modèle de collaboration internationale novateur, destiné à inspirer et accompagner la prochaine génération de dirigeants.
L’édition 2026, qui se tient à Dubaï du 3 au 5 février, réunit plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, 500 ministres et 87 scientifiques.