L’Éthiopie évolue de l’aide humanitaire d’urgence vers la résilience climatique grâce à des investissements dans le secteur de l’eau, selon le ministère.

Addis-Abeba, le 2 fevrier 2026 (ENA) : - Le ministère de l’Eau et de l’Énergie indique que l’Éthiopie a abandonné les interventions d’urgence à court terme au profit d’une approche de résilience climatique à long terme, centrée sur le développement des infrastructures hydrauliques.

 

Lors d’un entretien exclusif accordé à l’ENA, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a rappelé que plusieurs régions du pays subissent des sécheresses récurrentes depuis 30 à 40 ans.

 

Face à ces crises répétées, les gouvernements précédents avaient principalement recours à la réinstallation des populations et à l’aide humanitaire d’urgence afin de préserver des vies.

 

Selon le ministre, cette logique est désormais en pleine évolution.

 

Il a indiqué que la politique nationale actuelle met l’accent sur le renforcement de la résilience dès la source. « Construire la résilience, c’est permettre aux populations de rester sur leurs terres même en période de sécheresse », a-t-il expliqué.

 

Dans cette optique, le gouvernement privilégie des solutions locales et durables dans le secteur de l’eau, telles que l’exploitation des eaux souterraines, la collecte des eaux de pluie, la maîtrise des crues soudaines et la construction de petits barrages à l’échelle des kebeles et des woredas.

 

D’après Habtamu Itefa, ces interventions commencent déjà à transformer les conditions de vie dans les zones les plus exposées à la sécheresse.

 

Il a cité l’exemple de Borana, où les communautés produisent aujourd’hui des céréales comme le blé, une activité autrefois inimaginable dans cette région.

 

Le ministre a également souligné que, pour la première fois, le gouvernement fédéral a alloué des fonds publics à des projets de résilience climatique dans les régions de Somali, Afar et Tigray, notamment dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.

 

Ces investissements ont permis d’améliorer l’accès à l’eau pour les populations et leur bétail.

 

Il a par ailleurs mis en avant le développement de systèmes d’approvisionnement en eau fonctionnant à l’énergie solaire dans la région Afar, où l’absence d’électricité avait longtemps limité le potentiel économique, malgré l’importance des ressources pastorales.

 

Ces initiatives visent à assurer un accès durable à l’eau pour les usages domestiques et l’élevage, en mobilisant à la fois les ressources en eaux souterraines et en eaux de surface.

 

« Face aux chocs climatiques, les populations ne devraient pas être contraintes de mendier », a déclaré le ministre. « Elles doivent pouvoir s’appuyer sur leurs propres ressources en eau, leurs systèmes alimentaires et leurs sources d’énergie. »

 

Habtamu Itefa a également appelé les États membres de l’Union africaine à s’inspirer de cette approche fondée sur la résilience, soulignant que le changement climatique dépasse les frontières nationales et que l’instabilité dans un pays a des répercussions sur toute la région.

 

« Les résultats positifs de cette politique sont bien réels et devraient être reproduits à travers l’Afrique », a-t-il affirmé.

 

Selon lui, l’expérience éthiopienne prouve que la résilience climatique est atteignable grâce à la sécurisation de l’eau, au recours aux énergies renouvelables et aux investissements locaux, constituant ainsi un modèle concret pour le continent, en ligne avec l’Agenda 2063.

 

En parallèle, l’Éthiopie a planté plus de 40 milliards de jeunes arbres au cours des six dernières années dans le cadre de l’initiative de l'empreinte verte, lancée en 2019 par le Premier ministre Abiy Ahmed, afin de lutter contre la déforestation, d’accroître la couverture forestière et de renforcer la résilience climatique du pays.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023