Les entrepreneurs japonais s’intéressent de plus en plus à l’avenir de l’Éthiopie. - ENA Français
Les entrepreneurs japonais s’intéressent de plus en plus à l’avenir de l’Éthiopie.
Addis-Abeba, le 14 janvier 2026 (ENA) : - Addis-Abeba a récemment accueilli une délégation japonaise composée de grandes entreprises et d’universitaires, venus explorer de nouvelles opportunités de coopération avec l’Éthiopie qui soulignent le potentiel du pays et la complémentarité entre les besoins éthiopiens et le savoir-faire japonais.
S’exprimant lors d’un entretien exclusif accordé à l’Agence de nouvelle éthiopienne, Akiko Shinoda, directrice exécutive d’Itochu Corporation et directrice générale de son bureau, a rappelé que les relations d’affaires entre son groupe et l’Éthiopie s’étendent sur plus de seize années.
Itochu Corporation est aujourd’hui active dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie éthiopienne. L’entreprise collabore de longue date avec Hitachi Construction Machinery dans le domaine des équipements et des infrastructures, et figure parmi les principaux acheteurs de café et de sésame du pays.
« Nous disposons déjà d’une relation commerciale solide avec l’Éthiopie et souhaitons la renforcer davantage », a souligné Akiko Shinoda.
Selon Akiko Shinoda, l’Éthiopie présente un environnement humain et culturel particulièrement propice à une coopération étroite avec le Japon. « L’Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. Surtout, la manière de faire des affaires et le caractère des Éthiopiens sont, à mon sens, assez proches de la culture japonaise », a-t-elle estimé.
Cette proximité des valeurs — rigueur, sens des responsabilités et vision à long terme — facilite la collaboration entre les deux pays. Elle encourage d’ailleurs les entrepreneurs japonais à mieux découvrir le pays : « Le Japon doit comprendre que l’Éthiopie dispose d’un potentiel immense.
Certes, le pays est encore en développement, ce qui pose des défis, mais cela représente aussi de grandes opportunités.
Il faut venir, observer par soi-même et explorer ces possibilités étape par étape. »
La coopération nippo-éthiopienne ne se limite pas aux échanges commerciaux.
Le professeur Shinji Nakasuka, de l’Université de Tokyo, illustre un autre volet de ce partenariat, axé sur la recherche et les technologies de pointe. « Je suis professeur à l’Université de Tokyo et président d’une communauté dédiée au secteur spatial appelée CrossU », a-t-il expliqué.
Pour lui, les technologies spatiales peuvent apporter des solutions concrètes aux défis sociaux en Afrique. « Nous travaillons dans le domaine spatial depuis de nombreuses années, et je suis convaincu que ces technologies peuvent contribuer à résoudre certains problèmes sociaux en Éthiopie.
J’aimerais y participer à travers une coopération étroite entre le Japon et l’Éthiopie », a-t-il affirmé.
L’événement organisé à Addis-Abeba constitue, selon lui, une opportunité précieuse pour dialoguer avec les acteurs locaux. « C’est une excellente occasion d’échanger avec de nombreux responsables éthiopiens du secteur spatial et de montrer comment les technologies spatiales peuvent être mises au service du développement. »
Le professeur Nakasuka met également en avant le dynamisme des start-up japonaises spécialisées dans l’exploitation des données d’observation de la Terre et les systèmes de communication par satellite destinés à l’Internet des objets (IoT).
« Ces technologies joueront un rôle essentiel pour répondre à de nombreux défis sociaux dans plusieurs pays », a-t-il souligné.
Il souhaite favoriser les partenariats entre ces jeunes entreprises japonaises et les acteurs publics et privés éthiopiens : « J’aimerais qu’elles collaborent avec les parties prenantes africaines, en particulier éthiopiennes, afin que nous puissions ensemble apporter des solutions concrètes aux problématiques locales. »
Impressionné par la capitale, le professeur Nakasuka n’a pas caché son admiration pour Addis-Abeba : « C’est une ville propre et agréable, avec de grands immeubles. On y ressent une énergie particulière, un véritable enthousiasme. J’aimerais revenir. »
Par ailleurs, d’autres secteurs industriels attirent également l’attention des entreprises japonaises.
Ezekiel Kainese, représentant de Yokogawa Electric Corporation, considère l’Éthiopie comme un marché prometteur pour les solutions d’automatisation industrielle.
« Notre cœur de métier concerne le contrôle des procédés industriels et l’automatisation dans les industries de process », a-t-il expliqué. « Nous fournissons en quelque sorte le “cerveau” des usines industrielles : centrales énergétiques, mines, agroalimentaire, entre autres. »
Selon lui, les réformes engagées par le gouvernement éthiopien jouent un rôle clé dans l’attractivité du pays. « D’après les présentations de l’Ethiopian Investment Commission, l’Éthiopie offre de nombreuses opportunités, en particulier à long terme.
Les solutions proposées par Yokogawa visent à accroître la productivité, l’efficacité et l’intégration des données dans les usines. « Nos systèmes sont applicables à de nombreux secteurs : énergie, pétrochimie, pétrole et gaz, géothermie, agroalimentaire et industrie pharmaceutique », a-t-il précisé.
Enfin, Ezekiel Kainese a tenu à souligner son attachement personnel au continent africain : « Je suis Africain.
À mon avis, pour attirer les investissements étrangers en Afrique, tout commence par les réformes gouvernementales. Celles mises en œuvre par l’Éthiopie sont impressionnantes. » Il espère que cet environnement favorable continuera d’encourager l’arrivée d’entreprises japonaises, avec le soutien actif des autorités éthiopiennes.
Son ambition est claire : « Nous souhaitons bâtir une relation gagnant-gagnant entre le Japon et l’Éthiopie. » Habitué des missions à Addis-Abeba, il confie son affection pour la capitale : « C’est ma troisième visite ici. C’est une ville agréable, les gens sont accueillants et porteurs d’espoir. »