Assurer la stabilité des prix alimentaires face aux incertitudes mondiales : Expériences d’Addis-Abeba - ENA Français
Assurer la stabilité des prix alimentaires face aux incertitudes mondiales : Expériences d’Addis-Abeba
Traduit de l’article de Ledet Muleta
Addis-Abeba, le 5 janvier 2026 (ENA) : - Au niveau international, les villes sont de plus en plus confrontées à une augmentation soutenue des prix des denrées alimentaires.
Des facteurs tels que les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les aléas climatiques, la poussée inflationniste et la montée des tensions géopolitiques alimentent cette tendance.
Depuis la pandémie de COVID-19, ces difficultés se sont accentuées, les confinements, les restrictions de transport et le ralentissement économique ayant mis en évidence les fragilités structurelles des systèmes alimentaires mondiaux.
Dans ce contexte, garantir un accès abordable aux produits de première nécessité pour les ménages à revenus faibles et intermédiaires s’impose comme un défi politique majeur de notre époque.
Face à cette réalité mondiale, l’administration municipale d’Addis-Abeba a mis en place une réponse pragmatique et centrée sur les besoins des citoyens afin de faire face à l’un des enjeux urbains les plus pressants : le renchérissement du coût de l’alimentation.
Cette stratégie repose notamment sur la construction et la mise en service de centres de marchés modernes, complétés par des marchés de producteurs organisés le week-end, visant à établir un lien direct entre agriculteurs et consommateurs.
L’objectif est de réduire les coûts, d’améliorer la qualité des produits et de renforcer la transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Implantés le long des principaux axes d’entrée et de sortie de la capitale, notamment à Lafto Hulegeb, Akaki Kality, Lemi Kura et Kolfe Sub City, ces centres de marché jouent un rôle clé dans la stabilisation des prix des produits de base.
Conçus comme des espaces commerciaux structurés, propres et accessibles, ils permettent aux producteurs de commercialiser directement leurs récoltes auprès des habitants de la ville.
Pendant de nombreuses années, les prix alimentaires à Addis-Abeba ont été alourdis par des circuits de distribution longs et peu efficaces, caractérisés par la présence de multiples intermédiaires.
Chaque maillon supplémentaire augmentait les coûts, réduisait la fraîcheur des produits et limitait la transparence.
Les nouveaux centres de marché rompent avec ce modèle traditionnel.
En rationalisant la chaîne d’approvisionnement, la ville limite le rôle des intermédiaires, favorise l’arrivée de produits plus frais sur les étals et garantit des prix plus justes et mieux encadrés, notamment pour les céréales.
Les consommateurs bénéficient ainsi d’une meilleure traçabilité des produits, tandis que les agriculteurs profitent de revenus plus élevés, d’une demande plus stable et d’une relation directe avec leur clientèle.
Pour encourager leur participation, l’administration municipale propose des conditions attractives, notamment des loyers réduits pour les stands et des exonérations fiscales.
Les marchés de producteurs organisés le week-end, désormais présents dans l’ensemble des quartiers de la capitale, viennent compléter ces dispositifs.
Plus proches des zones résidentielles, ils dynamisent les quartiers et réduisent les coûts liés au transport et à l’exploitation commerciale, tant pour les vendeurs que pour les acheteurs.
Pris dans leur ensemble, ces efforts dépassent la simple amélioration de l’accès à l’alimentation et contribuent à la stabilisation globale des prix alimentaires à Addis-Abeba.
Bien que la ville ne soit pas totalement épargnée par la hausse mondiale des prix, elle fait preuve de résilience en déployant des mesures ciblées et efficaces pour en atténuer les effets.
Les ménages à faibles et moyens revenus sont les principaux bénéficiaires de cette approche, car même une réduction modeste des prix alimentaires peut avoir un impact significatif sur leur pouvoir d’achat.
À l’échelle urbaine, cette stratégie renforce également la sécurité alimentaire et la cohésion sociale.
Afin de maximiser les retombées positives de ces initiatives, la population est encouragée à fréquenter régulièrement les marchés ouverts toute la semaine ainsi que les marchés de producteurs du week-end, permettant ainsi une utilisation optimale des infrastructures mises à disposition.