L’Éthiopie fait du spectre électromagnétique un axe stratégique essentiel de sa sécurité nationale.

Addis-Abeba, le 3 janvier 2026 (ENA) : - L’Éthiopie a officiellement placé la maîtrise du spectre électromagnétique au cœur de sa doctrine de sécurité nationale, à l’occasion du tout premier atelier consacré à la guerre électronique organisé dans le pays.

 

Cet événement inédit a réuni de hauts responsables civils, militaires et sécuritaires, soulignant l’importance stratégique accordée à ce domaine émergent.

 

L’atelier, accueilli au siège de l’Administration de la sécurité des réseaux d’information (INSA) sous le thème « La domination du spectre électromagnétique au service de la souveraineté nationale », a rassemblé les principaux acteurs des institutions chargées de la paix, de la sécurité et du renseignement.

 

Les échanges ont porté sur le rôle désormais déterminant de la guerre électronique dans les dynamiques contemporaines des conflits.


 

Invitée d’honneur, la maréchale Birhanu Jula, chef d’état-major des Forces de défense nationale éthiopiennes, a affirmé que la guerre électronique constitue aujourd’hui une exigence incontournable de toute planification militaire moderne.

 

Elle a expliqué que, au XXIᵉ siècle, la souveraineté ne se limite plus au contrôle des territoires terrestres, aériens, maritimes ou spatiaux, mais dépend de plus en plus de la capacité à dominer le champ électromagnétique, bien qu’invisible.

 

Soulignant l’évolution rapide de la nature des conflits et de la compétition pour le pouvoir, elle a averti que l’issue des guerres modernes repose largement sur la maîtrise des communications, des radars et des signaux électroniques.

 

Dans ce contexte, et compte tenu de l’étendue du territoire éthiopien ainsi que de la complexité de son environnement régional, une gestion efficace du spectre électromagnétique apparaît comme un facteur clé de stabilité et de survie nationale à long terme.


 

La directrice générale de l’INSA, Tigist Hamid, a abondé dans le même sens, indiquant que la rivalité géopolitique s’est désormais étendue au-delà des domaines militaires et cybernétiques traditionnels pour inclure pleinement le spectre électromagnétique.

 

Selon elle, l’objectif de l’atelier est de renforcer la compréhension nationale de ce nouveau théâtre stratégique, d’asseoir une supériorité spectrale crédible et de consolider la préparation institutionnelle du pays.

 

Elle a également souligné que la participation de hauts responsables issus de multiples institutions de sécurité illustre la volonté ferme de l’Éthiopie de répondre aux menaces contemporaines par des approches coordonnées, scientifiques et intégrées.

 

Le renforcement de la coopération interinstitutionnelle et l’optimisation des capacités existantes figurent parmi les priorités dégagées par les discussions.

 

Prenant la parole à son tour, l’ambassadeur Redwan Hussein, directeur général du Service national de renseignement et de sécurité (NISS), a insisté sur le fait que la sécurité nationale moderne se mesure moins par le volume des troupes ou des arsenaux que par l’avance technologique.


 

Il a mis en avant l’importance du renseignement anticipé, du contrôle du spectre et de la capacité à en priver les adversaires comme leviers stratégiques majeurs.

 

Selon lui, la domination du domaine électromagnétique permet d’accélérer la prise de décision et confère un avantage déterminant aussi bien dans les opérations défensives qu’offensives.

 

L’approche technique de l’atelier a été enrichie par une présentation de Daniel Guta, directeur général adjoint de l’INSA, qui a retracé l’évolution historique de la guerre électronique, exposé les meilleures pratiques internationales et analysé la situation actuelle ainsi que les perspectives futures de l’Éthiopie.

 

Il a identifié plusieurs axes prioritaires indispensables à l’établissement d’une supériorité durable dans le spectre électromagnétique.


 

L’événement s’est achevé par une table ronde de haut niveau, au cours de laquelle les participants ont souligné la nécessité de désigner des autorités clairement responsables de la gestion du spectre, d’accroître les investissements en recherche et développement et de renforcer la coordination interministérielle, afin de préserver la souveraineté nationale de l’Éthiopie aujourd’hui et demain.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023