L’Éthiopie a dénoncé comme infondées devant l’Assemblée générale des Nations Unies les accusations formulées par l’Égypte au sujet du Grand barrage de la Renaissance. - ENA Français
L’Éthiopie a dénoncé comme infondées devant l’Assemblée générale des Nations Unies les accusations formulées par l’Égypte au sujet du Grand barrage de la Renaissance.
Addis-Abeba, le 28 septembre 2025 (ENA) : - L’Éthiopie a rejeté avec fermeté, devant la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les accusations jugées « infondées » formulées par l’Égypte au sujet du Grand barrage de la Renaissance (GERD).
Réagissant aux propos de la délégation égyptienne, l’Ambassadeur Yoseph Kassaye, représentant permanent adjoint de l’Éthiopie auprès de l’ONU, a exercé son droit de réponse. Il a rappelé que ces mêmes allégations avaient été relayées au Conseil de sécurité, bien qu’elles soient, selon lui, « trompeuses et sans fondement ».
L’ambassadeur a souligné que l’Éthiopie a toujours répondu par la vérité, les principes et le droit international.
Il a mis en contraste l’approche éthiopienne, axée sur la coopération et l’utilisation équitable du Nil, avec l’attitude de l’Égypte, fondée sur la revendication de « droits historiques » hérités de traités coloniaux qui ont exclu les autres pays riverains.
« Tandis que l’Éthiopie développe le Nil pour garantir à son peuple l’accès à l’eau potable, la sécurité alimentaire et l’électricité, l’Égypte persiste à nier ces droits essentiels en revendiquant un monopole sur le fleuve », a déclaré M. Yoseph.
Il a également rappelé que l’Éthiopie avait associé l’Égypte à la planification et à la construction du Grand barrage, contrairement à la construction unilatérale du Haut barrage d’Assouan, qui avait déplacé des populations et effacé d’anciennes civilisations.
Selon l’ambassadeur, les cycles de négociations ont montré que l’Égypte cherche avant tout des concessions déraisonnables et la reconnaissance de prétendus droits coloniaux, au lieu d’un compromis équilibré.
Il a accusé Le Caire de nuire aux efforts régionaux de paix et d’intégration en alimentant l’instabilité par des livraisons d’armes et des ingérences politiques.
« Il n’y a aucune comparaison possible entre l’Éthiopie et l’Égypte. Notre volonté de coopérer est portée par la légitimité de notre cause et par la vision d’un avenir commun avec nos voisins », a-t-il affirmé.
L’Éthiopie a par ailleurs dénoncé la tentative de l’Égypte de politiser le dossier du Grand barrage et d’instrumentaliser l’ONU pour détourner l’attention de ses propres difficultés internes et régionales.
En conclusion, l’ambassadeur Yoseph a exhorté l’Égypte à renoncer à son hostilité et à s’engager dans une coopération constructive. « Les positions rigides ne font qu’alimenter la division et freiner le progrès.
L’Éthiopie, elle, reste déterminée à bâtir un avenir de prospérité partagée avec l’ensemble des pays du bassin du Nil », a-t-il conclu.