L’Éthiopie a plaidé en faveur d’une réforme des Nations Unies, du renforcement du multilatéralisme et de la promotion de solutions pacifiques aux conflits.

Addis-Abeba, le 26 septembre 2025 (ENA) : - Le président de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, Taye Atske-Selassie, a lancé un appel pressant à la réforme de la gouvernance mondiale, insistant sur l’importance du multilatéralisme et de la diplomatie comme voie de règlement des conflits internationaux.

 

S’exprimant à New York lors du débat général de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, il a rappelé la fierté de l’Éthiopie, membre fondateur de l’organisation, à l’occasion de son 80ᵉ anniversaire.

 

« Depuis huit décennies, l’ONU a accompli des avancées remarquables », a-t-il affirmé.

« Qu’il s’agisse de soutenir la décolonisation, d’accueillir les nouveaux États indépendants, de prévenir les guerres, de répondre aux crises humanitaires ou de contenir des pandémies mortelles, la coopération internationale a contribué à sauver des vies et à promouvoir le développement.

 

Les Objectifs du Millénaire, puis les Objectifs de développement durable, ont permis de réduire l’extrême pauvreté et ouvert la voie à la lutte mondiale contre le changement climatique. »

 

Tout en reconnaissant ces réussites, le président Taye a pointé du doigt les défis persistants, en particulier le déficit de représentativité des États dans les institutions mondiales, ainsi que des dysfonctionnements tels que la partialité, le deux poids deux mesures et la surcharge d’organes onusiens qui affaiblissent le rôle central de l’Assemblée générale.

 

Selon lui, le processus en cours de réforme du Tribunal d’appel des Nations Unies constitue une opportunité pour corriger ces déséquilibres.

 

Il a également mis en garde contre la montée de l’isolationnisme, les dépenses militaires massives et le recul des engagements relatifs au climat et au développement, estimant que ces tendances menacent à la fois la coopération et la stabilité internationales.

 

« Aucun pays ne peut affronter seul les grands défis planétaires », a-t-il souligné, appelant les nations développées à assumer pleinement leurs responsabilités historiques pour favoriser la paix et le développement.

 

Sur la question des conflits, le chef de l’État a réitéré l’attachement de l’Éthiopie aux solutions pacifiques, soutenant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, l’ouverture de négociations directes et l’acheminement urgent de l’aide humanitaire.

 

Tout plan de paix, a-t-il averti, doit éviter de créer des répercussions négatives sur les pays voisins.

 

Au sujet de la sécurité, il a insisté sur l’interdépendance des nations, annonçant que l’Éthiopie intensifiera ses efforts dans la lutte contre le terrorisme et plaidant pour un appui accru aux missions de paix de l’Union africaine, notamment en Somalie.

 

Il a réaffirmé la nécessité urgente de réformer le Conseil de sécurité afin de garantir une représentation équitable de l’Afrique, tant parmi les membres permanents que non permanents.

 

Clôturant son intervention sur une note d’optimisme, le président Taye a déclaré : « L’humanité triomphera des rivalités et du désespoir grâce à son esprit, son génie et sa capacité à œuvrer pour l’unité, la justice et le bien-être collectif.

 

L’Éthiopie reste fermement attachée au multilatéralisme, au respect de la Charte des Nations Unies et à la construction d’un avenir de sécurité et de développement durable. »

Agence des nouvelles éthiopienne
2023