La Commission du bassin du Nil joue un rôle clé pour passer de la méfiance à la collaboration : Experts - ENA Français
La Commission du bassin du Nil joue un rôle clé pour passer de la méfiance à la collaboration : Experts
Addis-Abeba, le 9 août 2025 (ENA) : - La Commission du bassin du Nil jouera un rôle crucial pour transformer le scepticisme de longue date des pays du bassin du Nil en coopération et en développement conjoint, ont noté les experts.
Des préparatifs sont en cours pour établir le bureau de la Commission à Entebbe, en Ouganda, a-t-on appris.
L'Accord-cadre de coopération du bassin du Nil (ACC), composé de 45 articles, repose sur des principes fondamentaux tels que l'utilisation équitable et raisonnable de l'eau, la prévention des dommages importants aux autres États et la coopération volontaire.
L'ACC est officiellement entré en vigueur le 13 octobre 2024, après sa signature par l'Éthiopie, la Tanzanie, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda et le Soudan du Sud.
L'accord promeut la responsabilité partagée, le respect mutuel et la résolution pacifique des conflits, soulignant l'importance de la collaboration transfrontalière pour relever les défis croissants tels que le changement climatique, la croissance démographique et la dégradation de l'environnement.
Des experts du domaine ont indiqué à ENA que la Commission du bassin du Nil avait été créée suite à l'entrée en vigueur de l'accord afin de superviser la mise en œuvre de ses principes, droits et obligations.
Fek Ahmed Negash, consultant en gestion des ressources en eau, fleuves transfrontaliers et diplomatie hydrologique, a souligné que, bien que l'accord soit entré en vigueur après plus de deux décennies de négociations, les tâches institutionnelles restent à accomplir avec la création de la Commission.
Kebede Gerba, expert en droit international de l'eau, a quant à lui déclaré que les préparatifs pour l'ouverture du bureau d'Entebbe et la dotation en personnel progressaient.
L'expert a également souligné que la Déclaration de principes (DoP) de 2015, signée par les dirigeants de l'Éthiopie, de l'Égypte et du Soudan à Khartoum, constituait une avancée positive vers le renforcement de la coopération régionale.
L'Accord-cadre de coopération du bassin du Nil rejette de manière unique les traités de l'époque coloniale et ouvre un nouveau chapitre de partenariat entre les pays riverains, a souligné Kebede, ajoutant que la reconnaissance juridique de l'accord n'est pas perçue comme une source de conflit ou de suspicion, mais comme un fondement pour un développement et une coopération partagés.
Selon lui, la Commission est censée servir de médiateur dans les différends entre les pays membres et garantir le respect de leurs droits et obligations respectifs.
Les experts ont exhorté l'Éthiopie à continuer de jouer un rôle de premier plan dans la réalisation du plein potentiel de l'Accord-cadre de coopération du bassin du Nil.
En outre, les experts ont appelé à redoubler d'efforts pour rallier les pays qui n'ont pas encore signé l'accord, renforçant ainsi la capacité de la Commission à promouvoir une utilisation juste et équitable de l'eau dans le bassin du Nil.