La CEDEAO célèbre 50 ans de progrès et de défis

Addis Ababa 24 Avril,2025 (ENA) La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a célébré son 50e anniversaire.

 

 Le jubilé d'or a rassemblé les dirigeants et les parties prenantes à Accra, non seulement pour célébrer un héritage, mais aussi pour relever les défis les plus pressants de la région.  

 

Selon CHANNEL AFRICA, le jubilé d'or a été l'occasion de revenir sur cinq décennies de coopération et, plus important encore, de tracer la voie à suivre dans une période marquée par l'incertitude.

 

Formée en mai 1975, la CEDEAO a longtemps été saluée comme l'un des blocs régionaux les plus cohésifs et les plus fonctionnels d'Afrique.

 

 Au fil des ans, elle a contribué à faciliter le commerce, la mobilité et le dialogue politique en Afrique de l'Ouest, a-t-on appris.

 

 Pourtant, au milieu des fanfares, cet anniversaire a également apporté un air de réflexion sobre. La vision qui a inspiré sa création, celle d'une région unifiée et d'une prospérité partagée, n'est toujours pas réalisée.

 

L'une des ambitions de longue date de l'Union est la création d'une monnaie régionale unique, l'ECO. Malgré des années de négociations et de planification, cette monnaie reste un symbole non réalisé des objectifs d'intégration plus larges qui ont eu du mal à se concrétiser.

 

Les préoccupations en matière de sécurité ont également dominé les célébrations. La montée du terrorisme et la résurgence des coups d'État militaires dans plusieurs États membres, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ont mis à l'épreuve l'unité et la résistance de la CEDEAO. Les régimes militaires de ces pays, actuellement suspendus de l'Union, étaient notablement absents des débats du Jubilé.

 

Pourtant, le président ghanéen John Mahama, qui a récemment pris la présidence de la CEDEAO, a adopté un ton conciliant. Dans son discours d'ouverture, il a appelé à un engagement renouvelé avec les pays du Sahel, exhortant l'organisation à rouvrir les canaux diplomatiques et à éviter d'isoler les États membres sous régime militaire.

 

"Le dialogue doit rester au cœur de notre approche", a déclaré M. Mahama, soulignant que la CEDEAO ne devait pas abandonner les pays connaissant des transitions politiques. Ses remarques ont marqué un changement par rapport à la position antérieure plus punitive de l'Union, au profit d'une stratégie plus diplomatique et plus inclusive.

 

Avant même d'entrer en fonction, M. Mahama s'était fait un devoir de nouer des liens avec les dirigeants du Sahel, notamment en recevant le président de transition du Burkina Faso à Accra lors de sa propre investiture, un geste rare qui a donné le ton de son leadership.

 

Au-delà des cérémonies, l'anniversaire a également donné lieu à une conférence ministérielle de haut niveau, au cours de laquelle les ministres des affaires étrangères et les responsables régionaux se sont réunis pour discuter des efforts de consolidation de la paix et des stratégies de sécurité régionale.

 

 L'initiative d'Accra, un cadre d'échange de renseignements entre les États d'Afrique de l'Ouest visant à lutter contre le terrorisme et l'instabilité dans la région, a été au cœur des discussions.

 

Ces discussions sont directement liées à la vision à long terme de la CEDEAO pour 2050, qui aspire à créer une Afrique de l'Ouest pacifique, intégrée et économiquement robuste. 

 

Toutefois, compte tenu des conflits et de l'instabilité politique qui perdurent, beaucoup s'accordent à dire que la réalisation de cette vision exigera plus que des aspirations ; elle nécessitera un leadership audacieux, une détermination collective et la volonté de s'adapter.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023